Le spectacle :
Ces petites histoires de grands sonneurs, je les ai collectées depuis bien longtemps, comme on dit dans les contes de basse Bretagne. Je ne sais plus quel jour, ni à quelle occasion. Ce furent d’abord des collections d’airs, de gravures, de photos jaunies, d’instruments enrubannés, de notes et de lectures grappillées par ci par là. Vingt, trente ans, sans doute davantage que je les ai laissées envahir mes oreilles et ma tête en cotoyant les derniers maîtres sonneurs. Mais ils n'étaient pas naïfs, et c'était donnant donnant, troc pour troc : un paquet de tabac contre un air de marche nuptiale – une plume de paon contre une formulette venue du fond des âges pour faire danser les korrigans – une bouteille d’eau-de-vie contre le secret des anches de seigle qui ne peuvent sonner que si elles ont été coupées la 7e nuit du 1er quartier de lune, au 3e nœud, dans un champ exposé Sud-Est et semé à l’équinoxe d’automne.
Séquelle de sorcellerie peut-être, mais surtout croyance dans la valeur supraterrestre des petites histoires de grands sonneurs. |