| Cour - 17 rue du Tribel | Tony Clifton circus (Italie) |
| Cour - 17 rue du Tribel | Tony Clifton circus (Italie) |
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Cette troupe italienne composée de trois "trasheurs" et d'un traducteur préviennent dès le début que leur spectacle est apprécié des petits mais détesté des parents. Ils précisent que si le public ne sait pas à quoi s'attendre, il se souviendra longtemps de leur numéro très trash et jouissif...
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Le guitariste, coiffé d'une triple crête, nous met tout de suite dans l'ambiance avec son rock déjanté. Ces adolescents, proches de la quarantaine, réalisent sur scène toutes les bêtises qu'ils ont rêvé de faire étant jeunes.
Barbie est notamment leur bouc émissaire, elle en voit de toutes les couleurs durant la prestation. Ils commencent par lui brûler les cheveux ( "Barbie-cue") , lui découpent les jambes en rondelles pour ensuite la transformer en Barbie sirène, à l'aide d'une vraie queue de poisson. Barbie Kamikaze fait ensuite son entrée, avant de laisser la place à Barbie Cosmonaute qui s'envole dans les airs, attachée à une fusée. Suit alors la réalisation de l'omelette géante, grâce à la projection d'une douzaine d'œufs dans le public ; public qui s'empressera d'ailleurs de les renvoyer sur scène.
Après tant de bêtises, ils tentent d'aborder un thème sérieux : la naissance, la vie, la mort. Thème qu'ils illustrent par la mort explosive d'un melon (un pétard étant glissé à l'intérieur de celui-ci). Le spectacle se termine par l'entartrage à la mousse à raser d'un spectateur pris au hasard. Ce dernier se rebelle et monte sur scène pour leur casser la figure, quand on apprend que c'est en fait un complice de la troupe. Ce spectacle décalé aux textes engagés qui fonctionnent à merveille est ponctué d’arrêts sur image.

Le Tony Clifton Circus se voudrait une enseigne lumineuse avec des ampoules colorées qui clignotent le signal d’une présence insolite. Le projet Tony Clifton Circus s’est enclenché suite à la rencontre avec Anthony Jerome Clifton, artiste italo-américain plus ou moins reconnu et dont l’esthétique peut se résumer en quatre mots : la vie est étrange.
Les coupables de la création de ce « cirque de l’anomalie » sont Nicola Danesi de Luca et Iacopo Fulgi, deux clowns très différents l’un de l’autre. En 2005 Tony Clifton Circus a rencontré Michel Jurowicz, acteur belgo-lunaire, dans une prison italienne et il l’a invité à rejoindre son jeu. Prix du théâtre du meilleur espoir en 2004, Michel s’entête à ne pas désespérer. Son français n’est pas trop mauvais. Dégager une poétique, une ligne de recherche constante dans le travail du Tony Clifton Circus ne va pas de soi. Ils souhaiteraient être reconnus et appréciés mais ils ne pensent pas que le meilleur moyen d’y parvenir soit d’être accommodant ou de se plier aux attentes du public.
Mettant en scène l’étrangeté et l’anomalie, ils aiment faire rire mais ils préfèrent encore quand ces éclats de rire restent en travers de la gorge des spectateurs. Ils préfèrent montrer aux spectateurs quelque chose d’embarrassant plutôt que de divertissant. Ces prémisses guident la création de leurs spectacles, véritables expériences d’un comique extrême ou, mieux, d’un extrémisme comique où la démence la plus élémentaire se mêle à une élégance subtile et poétique. Mais à la base il y aura toujours la jouissance qui naît de mettre tout cela en scène. Tout vient de là, du plaisir de jouer comme les enfants jouent, sans s’inquiéter du pourquoi, du comment et du sens des choses : l’essentiel est de faire ce que bon leur semble et ce qui leur plaît. Et les observer le faire, croyez-les, n’est en rien rassurant.


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